Quel est le meilleur bois franc pour un plancher? Le guide des familles de la Rive-Sud

Une du magazine Essences, Karine Cliche en 3D accroupie la main sur une planche de chêne dans le showroom Lemonde, titre Le bon bois franc

Mettons un samedi matin d’octobre, au showroom de Boucherville. Une famille de Saint-Bruno arrive avec une planche d’échantillon dans un sac d’épicerie, celle que la belle-sœur leur a passée. Le père la tient comme un trophée. La mère, elle, regarde le chien. « On veut du vrai bois franc. Mais lequel? Pis est-ce que le chien va le scraper en deux semaines? »

C’est la question qu’on entend le plus souvent dans l’allée des planchers de bois : quel est le meilleur bois franc pour un plancher? En toute franchise, il y a pas de champion. Il y a un bon match entre une essence, une maison pis le monde qui vit dedans. Nous on est marchand depuis 1976, pis ce qu’on a appris, c’est que le bon choix se fait avec les deux mains sur la planche. Ici, je te donne les vrais critères, les essences d’ici, massif ou ingénierie, les inconvénients dits franchement pis ce que l’hiver fait au bois.

En bref. Le meilleur bois franc pour un plancher, c’est celui qui tient à TON quotidien : la dureté de l’essence, la stabilité de la planche, la lumière de la pièce pis le niveau d’humidité de la maison. Au Québec, l’érable, le chêne rouge, le chêne blanc pis le merisier font la job pour la plupart des familles. Le reste se décide en touchant les planches, sous ta lumière à toi.

Quel est le meilleur bois franc pour un plancher?

Mini famille 3D qui compare le grain d’une planche de chêne blanc au showroom Lemonde, avec un chien et une affiche Le bon match

Réponse courte. Le meilleur bois franc pour un plancher, c’est l’essence assez dure pour ton trafic, assez stable pour ta maison pis assez belle à tes yeux pour que tu l’aimes encore dans 15 ans. Pour une famille avec enfants ou animaux, on regarde d’abord la dureté et le grain. Pour une pièce très éclairée, on regarde comment le bois change à la lumière.

Quand quelqu’un me demande « c’est quoi le meilleur? », je réponds par trois questions. Qui marche sur ce plancher-là? Combien de soleil entre dans la pièce? Pis est-ce que la maison est sèche l’hiver? Les réponses changent tout.

Le premier critère, c’est la dureté : une essence dure résiste mieux aux griffes, aux talons pis aux chaises. Le deuxième, c’est le grain. Un grain marqué, comme celui du chêne, camoufle les petites égratignures du quotidien. Un grain fin et uniforme, comme celui de l’érable, est magnifique, mais il montre tout. Le troisième, c’est la couleur dans le temps, parce que le bois vit pis il fonce ou il jaunit avec la lumière.

Le dernier critère, c’est le fini. Un fini mat ou satiné cache beaucoup mieux l’usure qu’un fini lustré. T’sais, la moitié de la « résistance » qu’on perçoit vient du fini, pas juste de l’essence. C’est pour ça qu’on te fait toujours toucher les deux, la planche pis son fini, avant de choisir.

Érable, chêne, merisier ou noyer : quelle essence pour ton monde?

Cinq planches de bois franc exposées comme au musée chez Lemonde, érable, chêne rouge, chêne blanc, merisier et noyer, une femme touche l’érable

Réponse courte. L’érable est dur et lumineux, mais il montre les marques. Le chêne rouge et le chêne blanc cachent mieux l’usure grâce à leur grain. Le merisier est chaleureux et fonce avec le temps. Le noyer est somptueux, mais plus tendre. Chaque essence a sa personnalité, pis aucune n’est bonne partout.

L’érable pis le merisier, c’est chez nous. Le chêne, c’est le grand classique des maisons d’ici. Voici comment on les compare au showroom, sans jargon.

Essence Ce qu’elle fait bien Sa limite
Érable Très dur, look clair et épuré, parfait pour une maison lumineuse Grain fin qui montre les égratignures, jaunit doucement à la lumière
Chêne rouge Grain ouvert qui camoufle l’usure, chaleureux, polyvalent Reflets rosés que certains aiment moins avec les teintes grises
Chêne blanc Dur, stable, prend très bien les teintes naturelles et fumées Grain prononcé qui ne plaît pas à ceux qui veulent un look lisse
Merisier Bois québécois, chaleureux, belle dureté pour le quotidien Fonce et se réchauffe avec les années, la couleur change
Noyer Riche, foncé, une vraie couche en haut des autres en finesse Plus tendre, marque plus vite sous les griffes et les talons

Un exemple qu’on voit souvent : mettons une famille de Sainte-Julie, deux ados, un golden pis une cuisine ouverte sur le salon. Ils tombent en amour avec un érable naturel très pâle. On leur montre la même planche à côté d’un chêne blanc au fini mat, sous la lumière de l’allée. Ils grattent les deux du bout de l’ongle, gentiment. L’érable garde la marque, le chêne la cache dans son grain. Ils repartent avec le chêne blanc, pis ils sont contents encore aujourd’hui.

L’inverse est vrai aussi. Dans un condo calme, sans animaux, l’érable clair donne une finesse pis une lumière rares. Il y a pas de mauvaise essence, juste des essences mal placées.

Petit conseil de marchande : regarde toujours plusieurs planches de la même essence, jamais une seule. Le bois naturel varie d’une planche à l’autre, pis c’est ce qui fait son charme.

Bois franc massif ou bois d’ingénierie : lequel choisir au Québec?

Coupe d’une planche de bois franc massif à côté d’une planche d’ingénierie, mains d’un installateur qui montrent la couche d’usure

Réponse courte. Le bois franc massif est fait d’une seule pièce de bois et se sable plusieurs fois au fil des années. Le bois d’ingénierie a une couche de vrai bois collée sur une base stable, ce qui le rend moins sensible aux écarts d’humidité. Au sous-sol, sur un plancher chauffant ou sur une dalle de béton, l’ingénierie gagne presque toujours.

Le massif, c’est le plancher qu’on retrouvait chez nos grands-parents. Une planche, une essence, d’un bord à l’autre. Sa grande force, c’est sa longévité : quand il est usé, on le sable, on le refinit, pis il repart pour des années. Sa faiblesse, c’est qu’il bouge plus avec l’humidité. Il gonfle un peu l’été, il se contracte l’hiver.

L’ingénierie, c’est une couche d’usure en vrai bois franc posée sur un cœur fait de plusieurs couches croisées. Quand tu marches dessus, c’est du bois. Quand l’humidité change, la base croisée retient la planche, fait qu’elle bouge beaucoup moins. C’est pour ça qu’on peut l’installer à des endroits où le massif dit non, comme sur une dalle de béton ou sur certains planchers chauffants, selon les recommandations du fabricant.

La question à te poser : où va le plancher, pis combien de temps tu le gardes? Pour un rez-de-chaussée sur sous-plancher de bois, le massif reste un très beau choix. Pour un sous-sol, un condo sur béton ou une pièce chauffée par le plancher, l’ingénierie est plus sage. Pis si ton sous-sol a déjà eu de l’eau, on va plutôt te parler d’un plancher imperméable SPC ou WPC.

Un détail qui compte : l’épaisseur de la couche d’usure. Plus elle est épaisse, plus tu pourras sabler un jour. On te le dit avant que tu choisisses, pas après.

Quels sont les inconvénients d’un plancher en bois franc?

Famille qui rit dans une cuisine ouverte au plancher de chêne, un verre d’eau renversé essuyé tout de suite, un golden retriever qui glisse

Réponse courte. Le bois franc craint l’eau qui reste au sol, il se marque sous les griffes et les talons, il bouge avec l’humidité, pis il peut être plus bruyant qu’un plancher souple. Ce ne sont pas des défauts cachés : ce sont les caractéristiques d’un matériau vivant. Bien choisi pis bien entretenu, il reste un des plus beaux planchers qui existent.

On aime le bois franc, fait qu’on t’en parle franchement. Le premier inconvénient, c’est l’eau. Un verre renversé essuyé tout de suite, aucun problème. Une flaque de neige fondue qui reste sous les bottes toute la journée, par contre, laisse des traces pis peut faire gonfler les joints.

Le deuxième, c’est les marques. Même l’essence la plus dure finit par montrer la vie : une chaise qu’on tire, le chien qui court quand ça sonne. Fait que si tu veux un plancher parfait comme au premier jour, le bois franc va te faire de la peine. S’il peut raconter ta vie, il va te rendre heureux longtemps.

Le troisième, c’est le mouvement avec l’humidité, LE sujet de l’hiver au Québec (on y arrive). Le quatrième, c’est le son : le bois franc résonne plus qu’un tapis. Avec des enfants à l’étage, ça s’entend.

Pis il y a des pièces où on ne te le conseillera pas : la salle de bain, la salle de lavage, un sous-sol humide. Là, chacun son expertise, pis la céramique ou le vinyle font mieux la job. Si c’est ta cuisine qui te fait hésiter, on a écrit un article juste là-dessus : quel est le meilleur plancher pour une cuisine.

Pourquoi ton plancher de bois franc craque pis s’ouvre l’hiver?

Diorama 3D d’un salon québécois, été d’un côté, hiver de l’autre, une grand-mère regarde à la loupe les espaces entre les planches de bois franc

Réponse courte. L’hiver, le chauffage assèche l’air de la maison. Le bois perd de l’humidité, les planches se contractent, des petits espaces apparaissent entre elles pis le plancher peut craquer. L’été, c’est l’inverse. Garder l’humidité de la maison stable, entre 30 et 50 %, c’est le meilleur cadeau à faire à ton bois franc.

C’est le coup de fil qu’on reçoit chaque année en janvier : « Il y a des fentes entre mes planches, est-ce que mon plancher est défectueux? » Dans la grande majorité des cas, non. Le plancher fait juste ce que fait le bois quand l’air est sec. Quand le printemps revient, les espaces se referment souvent d’eux-mêmes.

La plage d’humidité relative que l’Institut national de santé publique du Québec qualifie d’optimale pour une habitation se situe entre 30 et 50 %. C’est aussi une zone où le bois franc est confortable. Sous ça, le bois se contracte ; au-dessus, longtemps, il gonfle. Voici comment on conseille aux familles de traverser l’hiver.

  1. Mets un hygromètre dans la pièce. C’est un petit appareil qui affiche l’humidité de l’air. Sans lui, tu devines.
  2. Ajoute de l’humidité quand l’air devient trop sec. Un humidificateur bien entretenu, réglé sans exagérer, fait la différence pour ton plancher pis pour ta gorge.
  3. Arrête la neige à la porte. Une bonne carpette d’entrée retient l’eau pis le calcium avant qu’ils atteignent le bois.
  4. Nettoie à sec ou presque. Balai, aspirateur, pis une vadrouille à peine humide. Jamais de seau d’eau sur du bois franc.
  5. Pose des feutres sous les pattes de meubles. Les chaises qu’on tire tous les soirs, c’est là que les marques commencent.

Pour un plancher neuf, l’acclimatation compte aussi : les boîtes restent dans la maison avant la pose, selon le fabricant. Un plancher posé trop vite, c’est un plancher qui bouge trop vite.

Que faut-il mettre sous un plancher en bois franc?

Installateur qui déroule une sous-couche grise sur un sous-plancher de contreplaqué avant la pose d’un plancher de bois franc

Réponse courte. Sous un plancher de bois franc, il faut d’abord un sous-plancher solide, plat et sec. Ensuite vient une membrane ou une sous-couche choisie selon le type de pose : clouée, collée ou flottante. Le bon dessous change le son, le confort sous le pied pis la durée de vie du plancher.

On parle beaucoup de l’essence, mais un beau plancher posé sur une mauvaise base, c’est comme une belle maison sur une fondation qui travaille. Le sous-plancher doit être plat, bien vissé pis sec. Une surface qui ondule ou qui grince va se transmettre directement à tes planches neuves.

Pour un massif cloué, on pose habituellement une membrane qui aide à gérer l’humidité pis les petits bruits de friction. Pour une ingénierie flottante, une sous-couche amortit le son et protège de l’humidité du béton. Pour une pose collée, c’est la colle et la préparation qui font la job.

C’est pour ça qu’on ne te vend jamais une planche sans te demander ce qu’il y a en dessous. Notre équipe s’occupe aussi de la préparation des surfaces, parce que c’est souvent là que se joue la différence entre un plancher correct pis un plancher qui dure.

On est un clé en main : tu choisis avec nous, on mesure, on prépare, on installe. Pis en toute franchise, c’est rassurant pour une famille de savoir que la même équipe répond du choix et de la pose.

Foire aux questions sur le bois franc

Karine Cliche en mini 3D qui répond aux questions d’un couple sur des échantillons de bois franc au showroom Lemonde

Quel bois franc résiste le mieux aux chiens?

Une essence dure, un grain marqué pis un fini mat, c’est le trio gagnant. Le chêne blanc et le chêne rouge cachent très bien les griffes dans leur grain, l’érable résiste mais montre plus les marques. Aucun bois n’est à l’épreuve des griffes : le fini mat et des griffes bien taillées font autant que l’essence.

Combien de temps dure un plancher de bois franc?

Un plancher de bois franc bien installé et bien entretenu dure des décennies. Le massif peut être sablé et refini plusieurs fois, ce qui lui donne une très longue vie. L’ingénierie dure aussi longtemps, mais le nombre de sablages dépend de l’épaisseur de sa couche d’usure. L’humidité stable et l’entretien à sec font le reste.

Peut-on mettre du bois franc dans une cuisine?

Oui, plusieurs familles le font et l’adorent, à condition d’essuyer les dégâts d’eau rapidement et de mettre une carpette devant l’évier et le lave-vaisselle. Une essence dure avec un fini mat pardonne mieux. Si ta cuisine est très achalandée ou que tu veux zéro souci, une céramique ou un vinyle peuvent être plus sages.

Combien coûte un plancher de bois franc?

Ça dépend de l’essence, du massif ou de l’ingénierie, du fini, de la préparation du sous-plancher pis du type de pose. Il n’y a aucune installation qui est pareille, fait qu’un chiffre au pied carré dans un article ne voudrait rien dire pour ton projet. Viens voir au showroom au 450 641-0001, on regarde ça ensemble.

Viens toucher les planches avant de choisir.

On peut toucher, on peut le palper. Dans notre salle de montre de 20 000 pi², tu compares les essences côte à côte, avec quelqu’un qui connaît le bois.

450 641-0001
1160 Place Nobel, Boucherville

Pour aller plus loin

Source : Institut national de santé publique du Québec, Paramètres de confort, dans Qualité de l’air et salubrité : intervenir ensemble dans l’habitation au Québec.

Karine Cliche, co-propriétaire de Lemonde

Karine accueille les familles et les designers de la Rive-Sud dans la salle de montre de Boucherville, une entreprise familiale fondée en 1976. Planchers, tapis sur mesure, céramique pis comptoirs : sa règle, c’est de faire ça comme du monde, avec la matière dans les mains.